NOMOPHOBIE AU TRAVAIL : UN TROUBLE DU MONDE MODERNE

77% des 24-35 ans ont déclaré être incapable d’être séparé de leur smartphone plus de quelques minutes. Et vous, êtes-vous nomophobes ?

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Votre portable n’a plus de batterie, vous êtes injoignable, vous ne savez que faire de vos mains. En un mot, vous êtes perdu. Si vous avez ce genre de réaction, nul doute que vous faîtes partie des « nomophobes ». Pas d’inquiétude à avoir : 77% des 24-35 ans ont déclaré être incapable d’être séparé de leur smartphone plus de quelques minutes.  

Depuis quelques années maintenant, le téléphone portable a pris une place prépondérante dans nos vies, jusqu’à en devenir une addiction pour certains. C’est donc tout naturellement que le terme « nomophobe » fut élu « Mot de l’année 2018 » par le Cambridge Dictionary. Traduit de l’anglais no mo(bile) phob(ia), ce mot valise désigne une dépendance extrême au smartphone jusqu’à éprouver une peur excessive d’en être séparé. Phénomène qui touche maintenant toutes les générations, la nomophobie impacte la vie privée comme la vie au bureau où les effets nuisibles ne se comptent plus sur les doigts de la main. Alors jusqu’où peut aller cette nouvelle addiction des temps modernes ?

Les conséquences sur notre efficacité au travail

Perte de concentration

Répondre à un message ou traîner sur Facebook lors d’une réunion, pendant un déjeuner d’affaires ou encore, en pleine conversation avec un collègue : chaque notification cause un manque d’attention, une perte de concentration plus ou moins longue, qui provoque des conséquences notables sur l’efficacité au travail.

Stress et Angoisse

Pour beaucoup, le portable est devenu une extension de la main, tant et si bien qu’il est devenu très compliqué de s’en détacher plus de quelques heures.  Les cadres dynamiques arrivent juste après la génération Y et Z dans le classement des principales victimes de de la nomophobie. Par souci de performance, ils se sentent contraints d’être joignables constamment, quitte à l’être aussi en dehors des heures de bureau. Tout ceci génère un sentiment de ne jamais être assez présent pour les clients (FOMO : Fear Of Missing Out : peur de manquer quelque chose). Consultante chez Co-Efficience, Alexia perçoit les effets négatifs de la nomophobie sans pour autant réagir à ceux-ci : « Tu as tout le temps envie d’être sur ton portable : tu es à l’affût des appels que tu peux recevoir, tu peux être impatiente, stressée … Tu peux donc renvoyer des ondes négatives autour de toi. » In fine, la fatigue mentale des nomophobes vient impacter leur productivité en leur causant des nausées, des douleurs abdominales et bien plus encore …

Diminution de la créativité

A en croire les études sur le sujet, s’ennuyer serait la clé de la créativité. Et c’est là que le bât blesse : un nomophobe ne peut s’ennuyer s’il est toujours portable à la main en train de checker ses réseaux, envoyer un message, un mail ou écouter de la musique. En évitant ces phases d’ennui, la créativité disparait, et les solutions aux problèmes ou les nouvelles propositions de projets, n’existent plus.

Détérioration des relations

Avec l’affluence des réseaux sociaux, nous avons l’impression d’être sans cesse en contact avec les gens mais c’est tout le contraire : à trop être sur son smartphone, nous nous isolons du reste du monde. En se focalisant sur son portable, le nomophobe envoie des signaux négatifs envers son interlocuteur : c’est même considéré comme un manque de respect. Les capacités d’attention en font les frais et c’est toutes les relations interpersonnelles qui s’en retrouvent détériorées.

« Docteur, suis-je atteint de nomophobie ? »

En 2018, c’est 67% des 18-35 ans qui avouent avoir consulté leur portable en pleine nuit (Etude réalisée par IPSOS). Pour bon nombre d’entre nous, utiliser son portable est le premier geste du matin. Et ce n’est pas tout : vous êtes nomophobes si vous consultez votre portable pendant les réunions, ou en dehors de vos heures de bureau, soit le soir et le week end, ou encore, pendant votre trajet domicile-travail… Quelques questions peuvent vous permettre de savoir si vous êtes, ou non, atteint de nomophobie. En voici un florilège non-exhaustif :

·  Est-ce que je vérifie régulièrement si mon portable se trouve dans ma poche ?

·  Est-ce qu’il m’arrive de répondre à un message pendant qu’un interlocuteur me parle ?

·  Est-ce que je consulte mon smartphone dans l’ascenseur, soit pour un trajet inférieur à 30 secondes ?

·  Est-ce que je suis angoissé à l’idée de perdre mon portable ?

·  Puis-je ne pas utiliser mon portable pendant plus de deux heures ?

·  Est-ce que j’éteints parfois mon portable ?

·  Ai-je la phobie de ne plus avoir de batterie ?

Vous venez de vous rendre compte que vous étiez addictes ? Votre égo en prend un coup et c’est normal. « Alors Docteur, quel remède pour ce trouble des temps modernes ? »

« La Digital Detox »

L’idée est simple : se détacher de tout objet numérique pendant une période plus ou moins longue. Une étude de l’OFCOM vient appuyer les bienfaits de la Digital Detox : « 85% des personnes qui ont entrepris une Digital Detox ont trouvé l’expérience positive. 33% ont déclaré se sentir plus productives, plus libérées et 25%, plus enjouées. » Cet effort de lutter contre le phénomène de la nomophobie permettrait aussi d’acquérir une meilleure posture en plus d’une meilleure mémoire et d’un sommeil plus réparateur. Il n’est pas sans dire que les relations entre pairs sont bonifiées et le plus grave est alors évité. Car par souci de performance, certains d’entre nous seraient prêt à être scotché à leurs portables ou pc 24/24h, et les conséquences ne sont pas sans risques : burn out, isolement social, myopie, migraines, troubles du sommeil …  Toutefois, l’idée de la digital detox ne convainc pas tout le monde et pour cause : « Faire une detox n’a pas de sens. Dans tous les cas, le digital est omniprésent dans nos vies :  que tu sois dans le métro, dans une pièce, au bureau ou à la gare, tu as des écrans de partout. C’est compliqué de faire une digital detox en ayant connaissance de tout ça » (Alexia, Consultante chez Co-Efficience).

Des conditions pour l’utilisation du portable ?

En réunion, chacun vient poser son portable sur la table. Quand ce dernier vibre, le business passe avant tout et il faut répondre. Il est certain que cet outil nous rend plus performant mais nous rend-il plus efficace ? Des études démontrent que 67% des réu’ se retrouvent être improductives à cause de l’usage intempestif du smartphone. Certaines entreprises pensent alors à intégrer de nouvelles réformes dans les règlements intérieurs d’entreprises : restreindre l’utilisation du smartphone personnel sur le temps de travail, telle est l’idée. « Si tu fais ça, alors tu n’utilises pas le portable pro hors horaires de bureau, tu ne réponds pas à tes mails quand tu es chez toi etc. Il faut que ça aille dans les deux sens. Ce n’est pas parce que tu es au boulot que tu dois être totalement déconnecté de tout » affirme Mélaine, Consultante chez Co-Efficience. Mais à force d’être sans cesse connecté, l’humain a créé une deuxième personnalité, un soi connecté, un « iSelf ». Alors quid du futur de la nouvelle génération hyperconnectée ?

 

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